EL BAILAOR

Apparaître 

Surgir

« Tuer le temps »

Le mettre à mort

Pour l’éternité

« Faire événement »

A la manière d’un feu follet.

Se faire épiphanie

Pure surface portée par sa profondeur

Se faire otage d’une fidélité

Celle de l’être à son apparence.

« Si vous saviez comme la peau est profonde » écrivait Paul Valéry

Si la piel es honda senior

Dessiner une érotique

Celle d’une agonie

D’un combat

D’une pensée en acte

Incarner

Sauver la chair en la dansant

Non pas se sauver de la chair

Naître par delà les masques

Dépouillé

Dans une nuit obscure

Heureux parce que déchu

« Faire du corps » au génie

Comme l’on « fait de l’œil »

Le draguer

Le prier

Supplier sa venue

Danser  pour el duende

 

Disparaître

Disparaître en brûlant

S’évanouir

Se faire vent

Pour mieux dire la joie

Décevoir l’attente

Esquiver le monde

Susciter le désir

Invoquer le désert

Au risque du sable

Se jeter dans le vide

A tours de poignets

A fleur de gestes

Convoquer la folie

Se laisser envouter

Se vouloir en déroute

Non pas être en chemin

Laisser être le chemin

Le laisser passer

Y voir promener la vie

S’absenter

Filer « à l’andalouse »

Faire fuir les fantômes

Les faux-semblants

Se trouver nu

Etre ailleurs

Chez soi

Etre le chez-soi de l’ailleurs

Le non-lieu

El sitio

 

Etre

EtreEt ne pas être

Là est la réponse

La rose Et son pourquoi

La mer allée avec le soleil

Non pas dire  avec le corps

Ce qui n’est pas lui

Dire avec le corps

Que tout est là

Qu’il n’est pas un signe

Qu’il n’est pas métaphore

Qu’il est solitudes

Grâce et dislocation

Jetées en bouquets

Désirer la mort

Désirer l’amour

Le nada et son envers

Le  « it » ET sa parade

Le tout

Etre là

Parce que seul

Et innombrable

Paradoxal

Toujours

Immobiliser le rythme

Devenir aigle

Sous un soleil noir

Tragique et comique

Fluide et cassant

Oxymorique

El bailaor

 

©  2011 THIERRY AYMES